AURA MUGLER, LE PARFUM À L’ÉCOUTE DE VOTRE INSTINCT

25 ans après le lance­ment d’An­gel, Thierry Mugler écrit un nouveau chapitre de son histoire de parfumeur avec Aura. Pierre Aulas, Directeur Artistique Olfactif nous dévoile quelques secrets de fabrication de ce nouveau jus, pensé pour réveiller instinct primitif et fémi­nité animale.
Mise au parfum.

 

Comment s’est organisée la création d’Aura entre Thierry Mugler, Sandrine Groslier (Présidente Clarins Fragrance Group), le quatuor de parfumeurs et vous ? La co-création étant une valeur chère à la marque.
Nous avons une façon un peu personnelle chez CFG de développer nos parfums. Nous estimons que pour être cohérent, il faut que le travail des différents éléments avance parallèlement. C’est pourquoi, en plus de meeting avec M. Mugler, nous avions régulièrement des réunions de point où chaque personne responsable d’une partie du projet (flacon, com, parfum, pack, etc) pouvait présenter l’avancée de ses travaux , partager avec les autres et recevoir leur avis. Nous avons également souvent invité des personnalités à se joindre à nous, afin de nourrir nos réflexions, comme des philosophes par exemple.

Pour ce qui est du développement du parfum lui-même, c’est moi qui ai fait le lien entre ce groupe de co-création et les parfumeurs ( ça, c’est mon job !). En revanche, ce qui a été nouveau pour nous : travailler avec un quatuor de parfumeurs (Daphné Bugey, Amandine Clerc Marie, Christophe Raynaud, et Marie Salamagne) et pas un ou deux seulement.
Mais je dois avouer que, même si j’avais un peu de réticence au début (car le management de quatre égos de parfumeurs n’est pas chose simple), cela s’est très bien passé. Chaque parfumeur a vraiment œuvré pour le projet avant lui-même !

Comment Thierry Mugler a-t-il abordé l’équipe pour ce projet ? Est-il parti d’une simple idée de nom, Aura ? De notes de parfums ? Ou d’une histoire ?
Tout est parti de l’histoire que nous avions travaillée ensemble sur les imput de M. Mugler. Nouvelle féminité, lien avec la nature, respect de soi et de l’environnement. Puis l’INSTINCT. Ce mot a été majeur dans tout notre développement.
Ensuite, nous nous sommes vraiment attelés à développer nos parties spécifiques en étant le plus cohérent possible avec cette histoire. Nous avions également le nom présent en tête comme le couronnement final de notre approche .

Vous avez dit : « Depuis quelques années, la parfumerie est revenue à des notes plus orientales, plus sensuelles, sans oser les notes animales. »
Concrètement, c’est quoi une note animale ? A quoi la reconnaît-on dans ce jus ?
Les notes animales sont historiquement des notes « d’origine » animale. Je pense par exemple à la civette (extrait de glande génitale de l’animal du même nom), au castoreum (substance extraite d’une glande interne de castor), au musc (sécrétion d’une glande abdominale du chevrotin porte Musc). Toutes ces notes sentent le fauve, l’urine, la transpiration mais utilisées de manière infinitésimale, elles subliment et renforcent l’addiction des compositions.

Pourquoi avec Aura, le végétal est-il au service de l’animal ?
Comment cela se traduit-il olfactivement parlant ?
Pour Aura, comme nous voulions traduire la réconciliation du règne animal et végétal, nous voulions essayer d’utiliser et mettre en avant les parties animales de certains végétaux.
C’est pourquoi nous avons sélectionné une variété spéciale de Vanille noire de Madagascar qui a une note cuirée, fumée et à la manière des notes citées précédemment contient un effet de sécrétions magiques ! Idem pour la liane fauve qui sent à la fois des notes végétales fraiches et croquantes mais a aussi des accents de fourrure animale.

Parlez-moi des trois coeurs en un et de la double overdose de ce parfum…
C’était une idée de qui ?
Chez Mugler, il y a toujours des overdoses ; cela correspond au caractère oversize de la mode et à la démesure toujours recherchée par M. Mugler.
Notre Aura repose en grande partie sur la liane fauve qui est notre arrête dorsale car elle contient à elle seule ce que l’on voulait exprimer : l’association du végétal et de l’animal. C’est notre 1ere overdose.
La 2eme overdose est la rhubarbe. Elle vient titiller les cotés un peu ronds et enveloppants de la vanille et apporte beaucoup de vibration et de végétalité à la tête du parfum.

A quoi ressemble la « femme Aura » selon vous ?
Aucune idée. Hâte de la découvrir !
En tous les cas, les femmes Mugler ont en commun de ne pas passer inaperçues. On se fiche de leur âge (nous ne travaillons pas de segmentation, ni de cible). Elles ne sont ni bêtement romantiques, ni gris souris, elles sont courageuses, affirmées et contemporaines.

 

Crédits :
Réalisation : Benjamin Etchegaray
Montage : Delfe Pilgrim
Musique : Hugo Maix
Direction artistique : Zoé Hayes

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